
DPO Forum Monaco : le 24 septembre
Le premier DPO Forum Monaco se tient le 24 septembre 2026, ouvert par l'APDP. Ce que le programme révèle — et ce qu'il faut vérifier avant d'y aller.
Une première édition, et le calendrier compte
Le jeudi 24 septembre 2026, Le Méridien Beach Plaza accueille le premier DPO Forum Monaco : une journée consacrée à la protection des données personnelles, à la cybersécurité et à l'intelligence artificielle, de 9h30 jusqu'en fin d'après-midi.
Une nouvelle conférence en Principauté ne fait pas l'actualité en soi. Celle-ci mérite l'attention pour une raison précise : l'ouverture revient à Agnès Lepaulmier, Secrétaire Générale de l'APDP, qui présentera la loi n° 1.565 et l'autorité chargée de son application.
Le régime monégasque de protection des données est jeune. La loi n° 1.565 du 3 décembre 2024, complétée par l'Ordonnance Souveraine n° 11.327 du 10 juillet 2025, a remplacé un cadre auquel la plupart des entreprises ne pensaient plus, et l'APDP a succédé à la CCIN avec un mandat élargi et des pouvoirs renforcés. Ce qui manque encore, c'est la pratique : cette compréhension accumulée de ce que le régulateur attend réellement, qui ailleurs découle d'années de décisions, de sanctions et de lignes directrices publiées.
Tant que ce corpus n'existe pas, écouter l'autorité exposer ses propres priorités devant une salle de praticiens reste la manière la plus économique de se renseigner.
Ce que dit le programme
Le programme se lit comme un document à part entière. L'agenda d'une première édition reflète généralement ce que les organisateurs estiment être les vraies préoccupations du marché local — et l'orientation est ici assez nette.
Trois tables rondes structurent la journée. La première, consacrée à la protection des données en Principauté, réunit l'APDP et des praticiens — Marion Soler, du Data Protection Club, et Alexandre Pechenet, DPO et directeur conformité — sous un intitulé qui promet le cadre légal et son application concrète. La deuxième porte sur l'IA et la confiance numérique, animée par Antoine Mahérault, de l'AFCDP. La troisième, menée avec le Clusir Sud PACA et l'ADIM, interroge le passage des exigences réglementaires à une résilience réelle. Une conférence de Saber Othmani, dirigeant de DPOption, défend l'idée que la gouvernance de l'IA est un préalable indispensable à sa maîtrise, et non un document rédigé une fois les outils déjà déployés.
Le message d'ensemble : on quitte le terrain du formalisme. En 2025, la discussion monégasque tournait autour du registre, des mentions d'information et de la désignation d'un DPO. En 2026, elle porte sur ce qui résiste au contact des systèmes réellement utilisés — et l'IA est le point de tension.
Qui a intérêt à s'y rendre
Sur le papier, l'événement s'adresse aux délégués à la protection des données, internes comme externes. En pratique, la liste utile est plus large : celui qui valide les outils, celui qui pilote le site, et celui qui devrait rédiger la notification d'incident un vendredi soir à 18h.
Dans une PME monégasque, cela représente souvent deux ou trois personnes qui portent déjà d'autres casquettes : un dirigeant, un responsable administratif, un prestataire informatique externe. Ce sont précisément elles qui en tirent le plus, car la journée est construite autour d'un exercice de traduction : ce que dit le texte, face à ce que l'on fait lundi matin. Les sessions se déroulent en français.
Si vous avez déjà désigné un DPO, envoyez-le, mais accompagné de quelqu'un d'opérationnel. L'écueil récurrent dans les petites structures est un référent conformité qui maîtrise le droit sans aucune visibilité sur les outils SaaS souscrits par le marketing le trimestre dernier.
Quatre points à vérifier avant le 24 septembre
Arriver avec sa propre situation cartographiée transforme une conférence en séance de travail.
Votre registre des traitements. Non pas son existence, mais sa correspondance avec la réalité. La plupart des registres sont exacts le jour de leur rédaction et obsolètes un trimestre plus tard. Confrontez-le aux outils actuellement connectés à votre site et à votre CRM.
Votre couche de consentement. Tag managers, statistiques, pixels, widgets de chat, systèmes de réservation intégrés. En Principauté, les bandeaux cookies déclenchent fréquemment des traceurs avant tout choix de l'internaute, ce qui vide l'exercice de son sens. C'est une vérification technique, pas juridique : notre article sur le consentement aux cookies pour les sites monégasques en détaille les mécanismes, et il gagne à être couplé à une revue sérieuse de votre conformité en protection des données.
Votre inventaire IA. Listez chaque outil d'IA utilisé dans l'entreprise, y compris ceux que personne n'a formellement validés. Pour chacun : quelles données entrent, où elles sont hébergées, et si les saisies sont conservées. La liste est presque toujours plus longue que prévu. Si vous construisez encore cette pile d'outils, faites-le avec une gouvernance dès le départ — c'est l'argument sur lequel le volet automatisation par l'IA de la journée reviendra sans cesse.
Votre procédure de violation. Qui qualifie l'incident, qui saisit l'APDP, et dans quel délai. Si la réponse honnête est « on aviserait », la table ronde sur la résilience est faite pour vous.
Où Monaco diffère — et cela compte dans la salle
Plusieurs sessions évoquent NIS2, le Cyber Resilience Act et le règlement européen sur l'IA. Une précision s'impose : Monaco n'est pas un État membre de l'Union européenne, et ces textes ne s'appliquent pas automatiquement aux entreprises monégasques comme ils s'appliquent aux entreprises françaises ou italiennes.
Ils comptent malgré tout, par trois canaux. Vos clients ou votre groupe peuvent être européens et répercuter ces obligations par contrat. Vos fournisseurs sont souvent des éditeurs européens qui adaptent leurs produits à ces règles. Et le droit monégasque s'inspire régulièrement des standards européens tout en les adaptant — la loi 1.565 en est l'illustration la plus claire.
Conséquence pratique : ne supposez pas que les guides français se transposent mot pour mot, ni qu'ils sont sans intérêt. Dès qu'une décision réelle en dépend, faites vérifier le point par un avocat ou un conseil spécialisé en droit monégasque.
Informations pratiques
Le forum se tient au Méridien Beach Plaza, 22 avenue Princesse Grace, le jeudi 24 septembre 2026. L'inscription se fait en ligne : tarif modéré pour les organisations utilisatrices, tarif réduit pour les membres des associations partenaires comme l'AFCDP et le Data Protection Club, tarif supérieur pour les prestataires, et un nombre limité de places offertes. Tarifs, programme et intervenants peuvent évoluer — vérifiez les informations à jour auprès des organisateurs avant de réserver.
Pour une première édition, la valeur tient moins aux présentations qu'à la salle : l'APDP, la communauté DPO locale et les praticiens de la sécurité qui travaillent avec les entreprises monégasques, réunis avant que les usages ne se figent.
Si une revue de votre tracking, de votre gestion du consentement ou de vos outils d'IA avant le forum vous serait utile, contactez-nous — un audit technique court suffit généralement à savoir où vous en êtes.
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