Fin de la 2G : vérifiez vos appareils
Infrastructure numérique·7 min read·6 octobre 2026

Fin de la 2G : vérifiez vos appareils

Les opérateurs français éteignent la 2G autour de Monaco d'ici décembre 2026. Terminaux de paiement, alarmes, ascenseurs : ce qu'il faut vérifier.

Les équipements qui risquent le plus de tomber en panne dans votre entreprise cet hiver ne sont ni les ordinateurs ni les smartphones. Ce sont les petits boîtiers auxquels personne ne pense : la carte SIM de la téléalarme d'ascenseur, la centrale d'alarme qui appelle le télésurveilleur, le terminal de paiement mobile des livreurs, le traceur GPS d'une camionnette ou d'une annexe. Beaucoup communiquent encore en 2G, et les réseaux mobiles français autour de Monaco éteignent la 2G d'ici la mi-décembre 2026.

La plupart de ces appareils tombent en panne sans prévenir. Une alarme peut sembler parfaitement normale alors qu'elle a perdu sa liaison avec le centre de télésurveillance. On le découvre le jour où l'on en a besoin.

Le calendrier autour de Monaco

Selon les calendriers des opérateurs relayés par l'Arcep, le régulateur français des télécoms :

  • Orange a coupé la 2G à Nice le 22 septembre 2026, puis dans le reste des Alpes-Maritimes (06), le Var (83) et les autres départements de Provence-Alpes-Côte d'Azur le 6 octobre 2026. Son réseau 2G sera totalement arrêté le 20 octobre, à l'exception des « zones blanches » réglementaires, traitées entre le 1er et le 15 décembre.
  • SFR commence le 15 novembre 2026 dans les zones très denses et termine partout entre le 1er et le 15 décembre.
  • Bouygues Telecom ferme sa 2G d'ici fin 2026. Free Mobile n'a pas de réseau 2G propre.
  • La 3G suivra : fin 2028 chez Orange et SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom.

Monaco a déjà connu une transition comparable : Monaco Telecom a mis fin au réseau cuivre et aux anciennes « prises T » en 2024, et bien des entreprises n'ont découvert qu'à ce moment-là quelles lignes d'alarme ou d'ascenseur dépendaient du cuivre. Cette fois, le changement se joue surtout côté français, et aucune campagne locale ne viendra vous rappeler d'agir.

Pourquoi une entreprise monégasque est concernée

Trois situations placent directement les entreprises de la Principauté dans le périmètre.

Les appareils équipés de SIM françaises. Une grande partie des installateurs d'alarmes, ascensoristes, fournisseurs de terminaux de paiement et services de géolocalisation qui interviennent à Monaco sont basés dans les Alpes-Maritimes et fournissent des SIM françaises. Depuis mars 2024, les abonnés SFR, Bouygues et Free se connectent au réseau de Monaco Telecom en Principauté (c'était déjà le cas des clients Orange). Le comportement de ces SIM à Monaco dépend donc du réseau de Monaco Telecom, et pas seulement du calendrier français. Un appareil qui repose sur la 2G peut déjà avoir des difficultés, ou s'accrocher à une antenne française de l'autre côté de la frontière sur le point de s'éteindre.

Les sites hors de la Principauté. Nombre d'entreprises monégasques exploitent un entrepôt à Carros ou à Nice, un atelier à Beausoleil, une villa ou un chantier à Cap-d'Ail ou Roquebrune, ou emploient des équipes qui travaillent des deux côtés de la frontière. Tout ce qui y est connecté en 2G suit le calendrier français.

Les activités mobiles. Livreurs, équipes événementielles, équipages de yachts et chauffeurs transportent souvent du matériel qui circule entre Monaco, la France et l'Italie. Un terminal qui échoue sur un quai d'Antibes, c'est une vente perdue.

La stratégie à long terme de Monaco Telecom pour sa 2G et sa 3G est une question à poser directement à l'opérateur. L'hypothèse prudente : tout appareil qui ne parle que 2G ou 3G vit sur du temps emprunté, partout.

Les équipements les plus exposés

L'Arcep et les opérateurs citent toujours les mêmes catégories :

  • Les téléalarmes d'ascenseur, une obligation de sécurité pour les gestionnaires d'immeubles et les copropriétés.
  • Les alarmes intrusion, incendie ou techniques reliées à un télésurveilleur par carte SIM.
  • Les terminaux de paiement mobiles, en particulier les anciens modèles autonomes utilisés par les restaurants, les livreurs, les commerçants ambulants et les équipes d'événements.
  • Les traceurs GPS sur véhicules, annexes, scooters, matériel ou marchandises de valeur.
  • Les dispositifs de téléassistance et bracelets d'alerte pour personnes âgées ou fragiles, à vérifier pour les prestataires de services à la personne et les résidences.
  • Les systèmes du bâtiment : régulation du chauffage et de la climatisation, interphones de portail ou de parking, compteurs et capteurs.
  • Les téléphones basiques et smartphones anciens incapables de passer des appels en 4G (VoLTE).

Ce dernier point surprend souvent. Une fois la 2G et la 3G disparues, les appels vocaux passent par la 4G avec la VoLTE. Un appareil « compatible 4G » pour les données mais sans VoLTE peut perdre toute capacité d'appel, y compris vers les numéros d'urgence.

Un audit d'une heure, à faire cette semaine

Pas besoin d'ingénieur pour commencer. Il faut une liste.

  1. Faites le tour des locaux et notez chaque appareil doté d'une carte SIM ou d'une antenne mobile : ascenseurs, alarmes, terminaux, portails, traceurs, capteurs, vieux téléphones au fond d'un tiroir.
  2. Identifiez le prestataire et l'opérateur de la SIM pour chacun. Votre contrat de maintenance d'alarme ou d'ascenseur mentionne généralement les deux.
  3. Interrogez chaque prestataire par écrit : l'appareil fonctionne-t-il en 4G (ou en LTE-M/NB-IoT pour les objets connectés) ? A-t-il été testé sur le réseau de Monaco Telecom autant qu'en France ?
  4. Testez ce qui peut l'être : déclenchez une alarme de test, faites un paiement test à Monaco et sur vos sites français, vérifiez que le traceur remonte bien sa position.
  5. Budgétez les remplacements dès maintenant. Les délais des installateurs ne s'amélioreront pas en décembre.

En copropriété, inscrivez les téléalarmes d'ascenseur et les alarmes des parties communes à l'ordre du jour avec le syndic, plutôt que de supposer que le sujet est réglé.

Les paiements méritent une attention particulière

Un terminal de paiement en panne est la forme la plus visible du problème : file d'attente en caisse, clients incapables de verser un acompte, livraison repartie sans encaissement. Si vous devez remplacer vos terminaux, profitez-en pour revoir l'ensemble de votre dispositif d'encaissement : terminaux 4G ou Wi-Fi, paiement sans contact sur smartphone, liens de paiement, rapprochement entre ventes en boutique et en ligne. Les prestataires de paiement ne fonctionnent pas toujours de la même manière à Monaco qu'en France : confirmez la compatibilité avec votre banque acquéreuse avant de commander du matériel. Notre équipe e-commerce aide régulièrement les commerçants monégasques à aligner paiement en ligne, en boutique et en mobilité.

Transformer l'extinction en inventaire

Les entreprises qui traversent ce changement sereinement sont celles qui savent déjà ce qui est connecté à quoi. La liste que vous dressez pour la 2G servira de base pour la 3G en 2028, pour vos revues de cybersécurité et pour tout travail de stratégie digitale : de quels systèmes dépendez-vous, qui les maintient, que se passe-t-il quand l'un d'eux tombe ? Conservez-la avec les informations sur votre site web, vos noms de domaine et vos logiciels, et relisez-la une fois par an dans le cadre de votre maintenance de site web.

Les calendriers des opérateurs peuvent évoluer et sont régulièrement mis à jour. Avant de remplacer un équipement, faites confirmer les dates et la compatibilité par votre prestataire et votre opérateur.

Pour cartographier les systèmes dont dépend votre activité, ou moderniser vos paiements et parcours clients au passage, contactez-nous.

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